Le séquestre lors d’une promesse de vente : est-il obligatoire et de quel montant ?

Illustration du séquestre lors d’une promesse de vente : le notaire sécurise juridiquement l’acte tandis que l’agent immobilier anticipe et prépare le dossier
Le séquestre sécurise la promesse de vente : le notaire encadre juridiquement, l’agent immobilier prépare et anticipe en amont.

J’ai récemment été confronté à une situation délicate : un acquéreur refusait de verser un séquestre au moment de la signature de la promesse de vente. Ce cas, loin d’être isolé, soulève une question essentielle en pratique immobilière : le dépôt de garantie est-il une obligation légale ou une simple sécurité pour le vendeur ?

Afin d’apporter une réponse rigoureuse, j’ai échangé avec Maître Richard RENAULT notaire de l’étude VLA NOTAIRE (75007 Paris), sur les usages et le cadre juridique du séquestre lors des avant-contrats.

Le séquestre lors d’une promesse de vente : une situation fréquente en pratique

Richard RENAULT, notaire : Dans la pratique des transactions immobilières, la question du séquestre revient régulièrement, notamment lorsque l’acquéreur souhaite différer ou refuser le versement d’un dépôt de garantie. Cette situation impose une explication claire des usages et des conséquences juridiques pour chacune des parties.

Le séquestre est-il juridiquement obligatoire lors d’une promesse de vente ?

Richard RENAULT, notaire : Juridiquement, aucune disposition légale n’impose le versement d’une indemnité d’immobilisation lors de la signature d’une promesse de vente. Il s’agit d’un usage constant, largement répandu. Cette indemnité constitue toutefois la contrepartie légitime de l’engagement irrévocable du vendeur, qui retire son bien du marché pendant la durée de l’avant-contrat. Il est donc parfaitement habituel et légitime qu’un séquestre soit demandé.

À quoi sert le séquestre pour le vendeur ?

Richard RENAULT, notaire : Le séquestre correspond au versement d’une somme d’argent, généralement comprise entre 5 % et 10 % du prix de vente, consignée sur un compte séquestre sécurisé chez le notaire. Il témoigne du sérieux de l’engagement de l’acquéreur, permet une indemnisation du vendeur en cas de défaillance hors conditions suspensives et renforce la sécurité juridique de la transaction en évitant l’immobilisation abusive d’un bien sans conséquence financière. Il convient de rappeler qu’en cas de contestation, les fonds séquestrés sont systématiquement bloqués jusqu’à résolution du litige.

Que se passe-t-il si aucun séquestre n’est prévu dans la promesse de vente ?

Richard RENAULT, notaire : En l’absence de séquestre, le vendeur ne dispose d’aucune garantie financière immédiate en cas de défaillance de l’acquéreur. Il devra alors engager une procédure judiciaire pour solliciter des dommages et intérêts, procédure souvent longue, coûteuse et incertaine. Sauf situation spécifique, notamment dans le cadre de ventes intrafamiliales, il est déconseillé de signer un avant-contrat sans versement d’une indemnité d’immobilisation.

Le montant du séquestre peut-il être négocié entre les parties ?

Richard RENAULT, notaire : Oui, le montant du séquestre résulte toujours d’un accord entre les parties. Il est possible de prévoir un séquestre réduit, par exemple de 1 % du prix de vente, un séquestre différé après l’obtention du financement ou encore une garantie bancaire en substitution du dépôt de garantie classique.

En résumé : le séquestre, un usage au service de la sécurité juridique de la vente

Le séquestre n’est pas une obligation légale, mais il constitue une garantie essentielle pour sécuriser une transaction immobilière. Il protège le vendeur, crédibilise l’engagement de l’acquéreur et contribue à la sérénité de la promesse de vente. Le rôle de l’agent immobilier est ici central : expliquer les enjeux, anticiper les situations de blocage et sécuriser l’ensemble du processus en amont.

FAQ – Séquestre et promesse de vente

Le séquestre est-il obligatoire lors d’une promesse de vente ?

Non. Aucune disposition légale n’impose le versement d’un séquestre lors de la signature d’une promesse de vente. Il s’agit d’un usage largement répandu dans la pratique immobilière. Le séquestre constitue néanmoins la contrepartie de l’engagement du vendeur, qui immobilise son bien pendant la durée de l’avant-contrat.

Quel est le montant habituel du séquestre immobilier ?

En pratique, le montant du séquestre est généralement compris entre 5 % et 10 % du prix de vente. Ce pourcentage peut être ajusté d’un commun accord entre les parties, en fonction du contexte de la vente et des conditions suspensives prévues. l’acquéreur et des conditions suspensives prévues.

Un acquéreur peut-il refuser de verser un séquestre ?

Oui. Juridiquement, l’acquéreur peut refuser le versement d’un séquestre. En revanche, ce refus peut légitimement conduire le vendeur à refuser la vente ou à exiger des garanties alternatives, le séquestre étant un indice du sérieux de l’engagement de l’acquéreur.eux et de l’engagement de l’acquéreur.

Le séquestre est-il perdu si la vente n’aboutit pas ?

Le séquestre n’est conservé par le vendeur que si la défaillance de la vente est imputable à l’acquéreur, hors conditions suspensives. En cas de litige, les fonds séquestrés sont bloqués sur le compte du notaire jusqu’à résolution amiable ou judiciaire.

Peut-on signer une promesse de vente sans dépôt de garantie ?

Oui, juridiquement, mais cette situation est fortement déconseillée dans la majorité des transactions. En l’absence de séquestre, le vendeur ne dispose d’aucune garantie financière immédiate et devra, en cas de défaillance, engager une procédure judiciaire.